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De 1795 à 1829, Sébastien Keller fait progresser la faïencerie. C'est un homme actif, travailleur, très attaché à son usine dont la production est variée et de grande qualité. Il rachète en 1813 la manufacture de Domèvre qui avait appartenu à Gabriel Chambrette. A son décès en 1829, son fils, Sébastien Auguste et sa fille Catherine Rosalie, mariée à Charles Guérin, héritent de ses biens qui sont conséquents: la faïencerie dont les revenus s'élèvent à 2000 francs, un moulin de pâte à faïence, un moulin à cailloux, quelques maisons dans le quartier de la faïencerie, des fermes, des terrains, des prés... Jusque là, le nom du fils était apparu de temps en temps à côté de celui de son père, mais ce n'est qu'en 1832 qu'est citée pour la première fois la société Keller et Guérin, très certainement après qu'une association a été décidée entre les deux familles une fois la succession réglée.

A partir de 1832, la société prend la dénomination de Keller et Guérin et si l'appellation reste jusqu'en 1923, les hommes changent et l'on peut distinguer au cours de cette longue période une demi-douzaine de sociétés où se succèdent les membres d'une même famille. Mariages, décès, héritages font intervenir dans la gérance frères, beaux-frères, cousins, oncles, certains n'ayant que quelques parts sociales et n'étant de ce fait pas actifs dans le fonctionnement de l'entreprise.

Durant toutes ces années, la production va connaître une évolution constante due en particulier au progrès et aux innovations techniques: arrivée du chemin de fer (1882), apparition de l'électricité (1887), créations de grands magasins relayant les ventes, création de comptoir à l'étranger (New-York en 1890). La marque KG est déposée en 1879.

Le dynamisme de l'entreprise sera encore accru avec l'affluence d'Alsaciens Lorrains suite à l'annexion de 1870 et le quartier de Viller où est implantée la faïencerie accueille les ouvriers de celle de Sarreguemines passée en territoire allemand. De vastes programmes de construction sont entrepris pour loger les ouvriers, de même que sont mises en place un certain nombre de mesures sociales, soins médicaux, caisse de retraite, coopérative de consommation... La manufacture de St-Clément connaissant des difficultés financières est rachetée par les propriétaires de Lunéville en 1892. Les administrateurs sont des hommes compétents, certains diplômés d'écoles prestigieuses. Plusieurs assumeront des mandats politiques, présideront ou seront administrateurs de différentes sociétés industrielles.

Durant ces différentes périodes, la production de Lunéville est extrêmement variée : on produit des faïences communes, des faïences fines, du réverbère . On développe des expériences artistiques avec la création de l'atelier d'Art de Maurice de Ravinel où travailleront des artistes de renom comme E. Bussière, E. Lachenal , L. Majorelle qui créeront des œuvres exceptionnelles dans la mouvance de l'Art Nouveau. Prix et récompenses obtenus dans différents salons viendront consacrer le talent de ces artistes.

Dans le dernier quart du XIXe siècle, la manufacture occupe 5 hectares entre la voie ferrée et l'hôpital, et le nombre d'ouvriers atteint l'effectif maximum de 1300 personnes. La marque "K et G" a une réputation internationale, les Américains sont demandeurs des productions et apprécient en particulier les faïences à reflets métalliques de style Art Nouveau. Les évolutions techniques se multiplient (aérographe) et permettent une production industrielle de qualité.

Au décès de Louis Edmond Keller, en 1896, les associés de la Société en Nom Collectif Keller et Guérin se réunissent et décident de nommer son fils Émile Georges Keller à la succession du défunt. Comme son père, il sera impliqué dans la vie politique locale, de même qu'il continuera à appliquer des mesures sociales avancées au sein de l'entreprise.

 
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